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 Never will be good enough for her {louis}

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MessageSujet: Never will be good enough for her {louis}   Mer 30 Avr - 10:18

Louis Meslyns a écrit:

'Cause obviously, she's out of my league. I'm wastin' my time 'cause she'll never be mine. I know I never will be good enough for her.

- Tout va bien ?
Au son de la voix, Louis sursauta, laissant tomber sur le sable une des bouteilles vides qu’il tenait à la main. Marmonnant un juron, il se baissa pour la ramasser et la glissa d’un geste un peu trop brusque dans son sac à dos.
- Tu as l’air nerveux.
Louis se tourna vers  Danielle, la femme qui venait de parler. Il aurait dû se douter qu’il la croiserait sur son chemin, malgré l’heure matinale. Il ne connaissait pas son âge exact mais elle devait certainement approcher des  soixante-dix ans ; elle possédait néanmoins une force extraordinaire et une énergie à toute épreuve. Elle avait été très proche de Rachel, la femme décédée dans le bunker quelques semaines plus tôt et Louis savait qu’elle avait été fortement affectée par cette perte. Il aurait voulu trouver les mots pour lui présenter ses condoléances ou pour la réconforter, elle-même savait très bien le faire, mais il avait peur d’être maladroit et de faire plus de mal que de bien.
- Non, je vais bien, répondit-il simplement avant de lui adresser un sourire qui se voulait plein d’assurance. Je retourne dans la jungle pour la première fois depuis... longtemps. Tous deux échangèrent alors un regard qui en disait long : une épidémie avait récemment frappé le campement et Louis avait fait partie des malades ce qui l’avait forcé à n’être qu’un simple observateur des derniers évènements. S’il allait maintenant beaucoup mieux, ce n’était pas le cas pour certains patients et l’épidémie continuait de se propager comme une traînée de poudre. On sera bientôt à cours d’eau et les malades en auront besoin.
- Quelqu’un devrait venir avec toi, insista Danielle d’un ton maternel qui touchait Louis tout en l’agaçant légèrement. Même s’il savait que Danielle n’était animée que de bonnes intentions, il avait toujours l’impression que les survivants ne le prenaient pas complètement au sérieux. Comme si, du haut de ses vingt-six ans, il n’était pas capable de se débrouiller tout seul dans la jungle.
- Non, je ne préfère pas, s’empressa-t-il de répondre tout en lui souriant toujours. J’ai envie d’être un peu seul...
Et de peur que Danielle n’ajoute quelque chose, il attrapa son sac-à-dos et fit volte-face avant de s’éloigner d’un pas vif en direction de la jungle.

(...)

Même si la jungle n’était pas exactement l’endroit le plus sûr de l’île, Louis se sentit soulagé lorsqu’il s’engagea dans la clairière, laissant derrière lui l’ambiance étouffante de la plage. Pour la première fois depuis des semaines, il était enfin seul et cette sensation était délicieuse. Il n’était pas vraiment quelqu’un de solitaire mais à force de vivre sans cesse au contact des mêmes personnes, sans possibilité de s’isoler, avait fini par le rendre fou. Sans oublier que les seules personnes avec qu’il avait parlé ces derniers jours étaient des médecins, qui semblaient sur le point de vous annoncer à chaque fois qu’ils ouvraient la bouche que vous alliez y passer, et les autres patients... qui n’étaient pas franchement beaucoup plus joyeux.
Loin de la plage, Louis avait l’impression de revivre. Il laissa son esprit se concentrer sur le paysage et oublia pendant un instant l’ultimatum, le troisième groupe et l’accident au bunker qui avait endeuillé tout le campement. Lorsqu’il arriva à la source d’eau située à l’intérieur des grottes, il était complètement détendu et posa même sur le sol la lance qu’il gardait pourtant toujours à la main. Le soleil n’était levé que depuis quelques heures mais il était déjà brûlant ; aussi, une fois devant la source, Louis se dépêcha de plonger ses mains dans l’eau pour les passer sur son visage. Encore une fois, ce simple geste ne lui avait semblé aussi agréable. La fraîcheur de l’eau était un véritable luxe comparée au liquide tiédasse qu’il avait dû ingurgiter pendant des jours à la plage.

Il commençait à remplir les bouteilles d’un geste rapide et précis lorsqu’un bruit attira son attention, le ramenant brusquement à la réalité et faisant éclater la calme parenthèse dans laquelle il était plongé. Comment avait-il pu oublier qu’il se trouvait dans la jungle, à la merci de n’importe quel tordu des Natives ? Certes, la source n’était pas loin de la plage et il était difficile à imaginer que le troisième groupe ait le courage de s’aventurer aussi près du campement... Néanmoins, Louis n’était pas prêt à prendre le risque. Lentement, sans faire de bruit, il attrapa sa lance et alla se cacher derrière un large rocher, prêt à bondir.
Il n’eut pas à attendre longtemps : bientôt, les pas se rapprochèrent et une silhouette se dessina à l’entrée des grottes. Alors qu’elle n’était plus qu’à quelques centimètres de Louis, ce dernier sortit de sa cachette, brandissant sa lance en direction de l’inconnu. Malgré l’obscurité de la grotte, il n’eut aucun mal à reconnaître la personne qui se tenait devant lui et toute l’énergie qu’il avait été prêt à déployer en pensant qu’il devrait se défendre contre un ennemi s’envola.

Dylan. Dylan Summers se tenait devant lui, les yeux agrandis par la surprise, la bouche légèrement entrouverte.
- Que... Qu’est-ce que tu fais là ? fut tout ce qu’il parvint à dire tout en sachant que c’était parfaitement idiot de lui demander une chose pareille. A ton avis ? Elle est pas venue ici pour cueillir des coquelicots, crétin !
Il lui fallut plusieurs minutes pour réaliser qu’il menaçait toujours la jeune femme de sa lance, comme s’il avait l’intention de s’en servir pour lui faire du mal. Comme si Dylan, après avoir partagé quatre ans  de sa vie, était devenu une ennemie. Cela n’avait pas le moindre sens, et pourtant... Pourtant, ils se tenaient l’un en face de l’autre, se toisant comme deux étrangers que la vie avait séparé et finalement réuni.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Jeu 1 Mai - 10:09


-✳-
leave me out with the waste this is not what I do
it's the wrong kind of place to be thinking of you
it's the wrong time for somebody new
it's a small crime and I've got no excuse

@tumblr - damien rice ~ 9 crimes.


Je manque d’air, je dois sortir et vite, je suffoque, je deviens faible, je vais tomber… C’est en sursaut que je me réveille alors que mes yeux s’activent dans le vide pour trouver un point d’ancrage connu sur lequel se poser. Ma respiration irrégulière tente de retrouver un rythme normal, en vain. Je sens les battements de mon cœur, fort et puissant, raisonner dans toutes les parties de mon cœur et difficilement, j’avale un peu de salive tandis que ma main droite se pose sur mon cœur pour tenter de la calmer. Mon autre main vient frotter mon visage, pour faire fuir le reste de ce mauvais rêve et pour me réveiller. Ce n’était qu’un rêve, maintenant tu es sur le campement, tu ne risques rien, me dit ma conscience. Oui, c’était un rêve, bien réel mais à cet instant je suis bien ici et non là-bas à lutter pour rentrer sur le campement en un seul morceau. Le souvenir de ma dernière escapade dans la jungle est bien ancré dans mon esprit, à tel point que mes réveils sont désormais difficiles et mon sommeil pénible. Je me redresse et m’assieds sur la paillasse sur laquelle j’ai réussi à m’assoupir alors que mon regard se pose sur la seconde paillasse de l’abri, celle où devrait se trouver le corps endormi de David. Mais mes yeux ne rencontrent que le vide laissé par son absence, un vide que je retrouve à l’intérieur de moi, dans mon cœur, dans mon esprit, partout. Il me semble que les choses auraient été différentes s’il avait toujours été là, il aurait su me calmer lors de mes cauchemars, me parlant de tout et de rien, faisant voyager mon esprit par ses paroles légères, qui désormais ne sont plus. Je dois sortir de cet abri qui me rappelle ce que je n’ai plus à mes côtés désormais, qui me font ressentir tant de douleur alors qu’il devrait être un havre de paix où je pourrais souffler lorsque les choses extérieures se gâtent et deviennent si compliqué. Alors je fais ce que je fais de mieux désormais, je fuis, oui je fuis rapidement et sans attendre davantage, cette tente dont je me sens prisonnière des souvenirs qu’elles abritent encore. En sortant, je plisse les yeux sous l’assaut des rayons du soleil que je n’imaginais pas si fort. Quelle heure est-il ? Combien de temps me suis-je assoupie ? Des questions qui ne trouveront pas de réponse, car sur l’île, cela fait bien longtemps que j’ai perdu toute notion du temps. La vie a repris son cours sur le campement, les gens s’agitent chacun de leur coté comme si rien ne s’était passé, alors qu’il y a tellement de choses qui se sont déroulés ses derniers temps. Comme par automatisme, je me rends sous la tente de Julian, mais à ma grande surprise il n’y est pas. Julian..? J'appelle son prénom sans m'en rendre compte alors que c'est inutile, je vois bien qu'il n'est pas sous son abri. Dois-je m’inquiéter de ne pas le trouver là où il passe désormais ses journées ou dois-je être soulagé qu’il est enfin décidé de ressortir et de ne plus se laisser mourir sous sa tente ? Les deux sentiments me gagnent alors que je m’extraie de la tente, soucieuse de savoir où peut bien se trouver Julian. Alors je marche, sans vraiment savoir la direction que j’empreinte, sans avoir de but à atteindre. Est-ce que je dois demander à tous ceux que je croise si quelqu’un a vu Julian ou est-ce que je dois croire qu’il n’est pas en train de faire n’importe quoi ? [...] faut que quelqu’un aille chercher de l’eau il n’y en a presque plus […] les malades en ont vraiment besoin […] Mes oreilles qui trainent entendent cette conversation entre deux personnes que je ne connais pas réellement. Ils veulent tous deux aller en chercher pourtant, la peur les retient, cette même peur qui me réveille tous les matins. Celle de se faire surprendre par cette étrange poussière qui vous étouffe, vous empêchant de voir correctement, de respirer convenablement. Elle vous pousse à dépasser vos limites et si vous n’y arriver pas, vous avez de fortes de chance de tomber et d’y rester, tout simplement. Cette poussière qui a refait son apparition et qui est redoutable, qui a bien failli coûter la vie à plusieurs survivants il y a quelques jours. Leur peur est fondée, ils ont raison de craindre ce fléau mais si chacun finit par écouter ses peurs, les malades, nos malades ont peu de chances de s’en remettre. Le visage faible de Trystan vient se dessiner dans mon esprit, depuis notre retour de la jungle, il est faible et il fait partie de ses gens qui ont besoin d’eau. D’un pas déterminé, je me dirige vers mon abri pour y attraper un sac à dos couvert de terre, je le dépoussière. Une fois ce dernier sur mon épaule, je me rends à l’endroit où son garder les bouteilles afin de prendre les cadavres de celles qui ont été vidé. Je suis sûre de moi et pourtant, c’est une main tremblante qui attrape les bouteilles alors que mes battements de cœur se sont légèrement accélérés. N’écoute pas ta peur, n’écoute pas ta peur… je me répète ces quatre mots, encore et encore pour m’empêcher de flancher. J’hésite à aller voir Trystan avant de partir mais je me résigne à ne pas le faire, car s’il savait que j’y allais seul, il aurait voulu m’accompagner, peu importe l’état dans lequel il est. Alors après hésitation, je m’insère dans la jungle, non sans une certaine angoisse au fond de mon estomac. Je fais en sorte d’avoir le pas léger et rapide, mes sens sont à l’affut du moindre bruit suspect et mes yeux semblent partout et nulle part à la fois. Je n’ai pas besoin de réfléchir au chemin à suivre, puisque je l’ai fait bien trop de fois, ce qui me permet d’être toujours sur le qui-vive, prête à me mettre à courir au moindre problème et à me battre, grâce aux leçons de Julian, si quelqu’un se met sur mon chemin. Bien sûr je sais que je ne pourrais pas tuer cette personne hypothétique, mais je sais que je peux réussir à déstabiliser suffisamment longtemps pour fuir. Un certain soulagement se fait sentir lorsque je comprends que je suis arrivée et que la moitié du chemin est fait. Auparavant silencieuse, une quinte de toux s’échappe de ma gorge, cette dernière a toujours cette gêne qui ne la quitte pas depuis qu’elle a inspiré cette étrange poussière. Je m’approche rapidement de la grotte afin de pouvoir rentrer sur le campement le plus rapidement possible. Mais lorsque j’entends quelqu’un sortir de je ne sais où, mon corps se met automatiquement en position de défense alors que mes yeux, arrondis, se déposent sur l'arme brandie par cette personne. Puis ils viennent se déposer sur une silhouette qui m’est trop familière mais qu’ils n’ont pas vu depuis bien longtemps, celle de Louis. Je l’ai pourtant aperçu, le jour de l’explosion pourtant j’ai préféré l’ignorer, des choses importantes étaient en jeu et je ne pouvais pas laisser mon cœur me déconcentrer de ce que nous voulions ce jour-là. Une partie de moi est rassurée de voir que c’est lui qui se trouve dans la grotte alors qu’une autre partie de moi veut s’enfuir, prétendre que cette rencontre n’a pas eu lieu. Que ce n’est une fois encore, que le fruit de mon imagination. Mais je ne bouge pas d’un centimètre, le fixant d’un air surpris alors que je sens mes esprits me quitter, incapable de m’aider à dire ou faire quoi que ce soit. Que... Qu’est-ce que tu fais là ? La voix de Louis me ramène à la réalité, réveillant ma conscience sur ce qu’elle doit faire : m’aider à agir. Mes yeux se reposent sur l’arme toujours en l’air, si je n’ai pas bougé d’un millimètre, je remarque que lui non plus ce qui fait que je ne suis pas la seule à être prise au dépourvue avec cette rencontre. Tu vas garder cette lance brandie contre moi longtemps ? Je ne réponds pas à sa question et en pose une nouvelle, avec une voix bien plus assurée que celle qu’il a utilisée, peut-être plus froide. Lorsqu’il finit par abaisser son arme, je reprends une position plus confortable mais je ne peux m’empêcher de le regarder, le temps a beau avoir passé, il est resté le même que dans mes souvenirs. Je finis par le quitter des yeux, me reprenant, me redressant. Je me retourne, me mettant dos à lui et me rapproche de la source d’eau et finit par déposer mon sac à dos par terre, agissant comme si croiser Louis ne me faisait rien. Je m’accroupis pour prendre une bouteille, me relève et la rempli d’eau, profitant du silence et du calme de l’endroit. Alors que je replace une mèche de cheveux, je ne peux m’empêcher de parler, alors que je sais que j’aurais dû continuer à l’ignorer. Tu ne devrais pas te promener seul dans la jungle, c’est dangereux. En parlant, je rebouchonne la bouteille sans prêter attention aux gestes que je fais, bien trop obnubilée par l’attente d’entendre une nouvelle fois la voix de Louis.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Jeu 1 Mai - 21:46

Louis Meslyns a écrit:
C’était complètement fou, lorsqu’il y pensait.
Lui, montant dans cet avion, s’écrasant une île déserte où Dylan s’était elle-même échouée quelques années plus tôt. Un véritable scénario de film d’action, plein à craquer de rebondissements incroyables et surtout, improbables. La chance de se retrouver un jour était infime et pourtant, une force étrange les avait bel et bien réunis. Louis ne pouvait pas s’empêcher de penser, même s’il n’y croyait pas tout à fait, que le destin y était pour quelque chose.
Oui, c’était vraiment absurde mais il avait la sensation que ce moment dans les grottes devait arriver, comme s’il avait été écrit là-haut. Tu dérailles, mon vieux. T’as encore de la fièvre, ou quoi ?

Si Dylan semblait tout aussi surprise que lui, elle ne se démonta pas une seule seconde. Son esprit lui ordonnait peut-être de faire demi-tour, comme ce jour à la banque où elle avait été sur le point de craquer, mais elle restait là, campée sur ses deux jambes, le défiant presque du regard. Une partie de lui était fière de la femme qu’elle était devenue et l’autre inquiet à l’idée de découvrir une toute autre Dylan que celle dont il était tombé amoureux. Lui-même avait changé au contact de l’île et il devinait que toutes ces années passées au beau milieu de l’enfer n’avaient pas été sans conséquence sur la jeune femme. Tout ça c’est de ta faute... Si tu l’avais empêché de monter dans l’avion, rien de tout cela ne serait arrivé. Si tu ne l’avais pas fait souffrir inutilement, si tu n’avais pas embrassé Mina, si tu lui avais dit à temps ce que tu ressentais pour elle...
- Tu vas garder cette lance brandie contre moi longtemps ?
Au son de sa voix, Louis ne put s’empêcher de sursauter, saisi par la froideur de son ton. S’il s’interrogeait seulement jusqu’ici, ses craintes étaient aujourd’hui confirmées : oui, Dylan avait bel et bien changé.

Sans un mot, il abaissa lentement sa lance mais la garda fermement dans sa main. Il n’avait bien sûr pas l’intention de s’en servir contre Dylan ; cependant, il n’était pas rassuré par le fait que Dylan ait réussi à pénétrer dans les grottes sans qu’il ne s’en rende compte. Des personnes mal intentionnées rôdaient peut-être autour d’eux et il n’était plus question de se laisser surprendre. Pourquoi avait-il l’impression que son cerveau et ses muscles étaient assoupis ? Il devait absolument se réveiller et retrouver ses réflexes d’autrefois s’il ne voulait pas se faire manger tout cru.
Tout en se maudissant intérieurement, Louis observait Dylan se diriger, comme si de rien n’était, vers la source d’eau fraîche. Elle semblait incroyablement calme, comme si cette rencontre n’avait eu aucun effet sur elle. Louis pouvait difficilement le croire... et pourtant, peut-être était-elle réellement indifférente à leurs retrouvailles. Après tout, de l’eau avait coulé sous les ponts depuis leur dernière rencontre. Lui avait eu beaucoup de mal à faire son deuil et lui avait adressé des lettres pendant des années, une façon de la garder toujours auprès de lui. Quand bien même il se savait coupable du naufrage de leur relation, il avait été incapable de lui dire au revoir mais qu’en était-il de Dylan ? Peut-être avait-elle refait sa vie avec quelqu’un sur cette île. Elle était magnifique et Louis ne put s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie en imaginant un autre homme lui prendre les mains ou l’embrasser.

- Tu ne devrais pas te promener seul dans la jungle, c’est dangereux, lança-t-elle tout en commençant à remplir ses bouteilles. Esquissant un sourire, Louis s’approcha d’elle à pas lent et s’accroupit à côté d’elle. Il ne savait absolument pas ce qu’il était en train de faire mais quelque chose – le destin ? – l’incitait à se tenir auprès d’elle.
- Tu es vraiment inquiète pour moi ? commença-t-il laissant échapper un léger rire. Ou bien est-ce que c’est juste une façon de dire que toi, tu es immunisée contre les attaques ? On m’a toujours dit que toi et ton groupe, vous vous pensiez invincibles et au-dessus de tout mais je pensais que c’était qu’une rumeur. Il ponctua sa phrase d’une moue à la fois amusée et désapprobatrice. Tout ça pour dire que je pourrais te dire exactement la même chose, Tarzan. Aux dernières nouvelles, tu as la force d’un bébé chiot alors tant que tu ne m’auras pas prouvé que tu es devenue ceinture noire de kung-fu, c’est plutôt pour toi que je vais m’inquiéter.

En même temps qu’il prononçait ces paroles, il s’était emparé d’une bouteille vide de Dylan et commençait à la remplir nonchalamment.
- Laisse-moi t’aider. Ça ira plus vite à deux.
En réalité, il avait surtout remarqué que la jeune femme n’était pas au mieux de sa forme. Même si elle faisait tout pour paraître forte et assurée, il distinguait nettement des cernes sous ses yeux et il n’aimait pas non plus la couleur de sa peau, d’un blanc presque fantomatique. Était-elle malade ? Il n’avait pas eu l’occasion de se regarder dans un miroir ces derniers jours mais il devinait que lui-même avait dû ressembler à cela lorsque l’épidémie l’avait frappé. Puis, il se souvint qu’un nouvel incident avait eu lieu dans la jungle et que des survivants avaient été pris au piège par une étrange fumée toxique. Si Dylan y avait été exposée, cela pouvait expliquer la fatigue qu’il pouvait lire sur son visage et dans ce cas, elle n’avait aucune raison d’être ici, à risquer sa vie pour ramener quelques bouteilles d’eau à son campement. Cette idée le rendait fou de rage : il aurait voulu pouvoir ôter toute la peine de Dylan et lui faire oublier toutes les souffrances qu’elle avait sûrement dû endurer mais il savait que c’était impossible. Rien ne pourrait effacer ce qu’elle avait vécu et il ne pouvait pas non plus lui promettre que cet enfer était terminé.
- Tu vas bien ? demanda-t-il finalement en sachant pertinemment que cette question était stupide. Mais il avait besoin de la poser, au cas-où il pouvait faire quelque chose pour la soulager.
A cet instant, il avait complètement oublié qu’il lui avait un jour brisé le cœur et qu’il était censé la détester puisqu’elle faisait partie des Strangers. Plus rien ne comptait à part Dylan et cette envie, presque viscérale, de la protéger.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Ven 2 Mai - 20:09

Alors que je suis encore face à lui, je peux le voir tressaillir lorsque j’ouvre la bouche pour prendre la parole. La raison ? Je l’ignore, peut-être le ton employé par ma voix ou la surprise de l’entendre à nouveau, après tout mon avion a sûrement été considéré comme porté disparu ce qui a fait de moi... une personne décédée. Si la situation était inversée, n’aurais-je pas eu la même réaction ? Sûrement. Pourtant il se ressaisit rapidement, abaissant son arme, sans pour autant la lâcher. Je regarde ses gestes avec précision, me demandant pourquoi continue-t-il de la tenir si fermement? A-t-il peur que je l’attaque ou le blesse ? Je ne sais pas, mais je ne peux m’empêcher de me rembrunir à cette pensée, après tout il me connaît suffisamment pour savoir que je ne le blesserais jamais délibérément. Même si je l’ai souhaité ardemment lorsque lui-même m’a blessé, mais une blessure bien plus profonde qu’une simple blessure physique. Lorsque je l’ai retrouvé bouche contre bouche avec cette fille, j’ai senti mon cœur imploser dans ma poitrine, j’ai ressenti une douleur qui m’a foudroyé, une que je n’avais encore jamais ressenti. Alors à ce moment, j’ai eu envie de lui faire du mal pour qu’il comprenne, pour qu’il ressente ce que cela fait, mais le destin m’a rattrapé, m’envoyant sur cette île où une peine de cœur semble insignifiante. Je finis par me reprendre, chassant ses souvenirs pénibles de mon esprit, me concentrant sur la raison de ma venue ici, ramener de l’eau sur le campement. En me retournant, je ne peux empêcher un soupir silencieux de quitter mes lèvres, faisant redescendre la tension accumulée dès le moment où mes yeux se sont posés sur sa silhouette. Le revoir, d’aussi près est un choc auquel je n’étais pas préparé, bien sûr ce n’est pas une surprise puisque je me doutais bien que cela allait arriver depuis que mes yeux se sont posés sur lui, le jour de l’explosion. Nous cohabitons sur le même côté de l’Île et pour l’avoir arpentée bien trop de fois, elle n’est pas aussi grande qu’elle n’y paraît puisqu’on finit toujours par de croiser les personnes que l’on veut à tout prix fuir. Comme si l’Île elle-même se moquait de nous, se régalant de nous voir souffrir. Je ne peux cacher qu’une partie de moi ressent de la joie de le revoir, d’être si près de lui que je pourrais le toucher, de le voir bouger et même de l’entendre parler ; mais une autre partie de moi, regrette qu’il soit ici. Pas qu’elle ne veut pas se réjouir ou qu’elle ne ressent rien, au contraire, mais parce qu’elle sait ce que ça signifie, d’être ici. Cela veut dire être constamment en danger et qui dit danger, dit qu’il y a un risque de le perdre et ça, je ne pourrais pas le supporter. Pas alors que le décès de David est encore si présent dans mon esprit. Perdre Louis est inenvisageable, le perdre serait un obstacle que je ne pourrais pas surmonter. C’est avec ses pensées en tête que je remplit une bouteille, d’un geste mécanique, sans prêter attention à ce que je fais et à ce qui m’entoure. Je ne me rend compte que tardivement que Louis m’a rejoint, s’accroupissant au niveau du sac qui se trouvait auparavant sur mes épaules, contenant les nombreuses bouteilles vides que j’ai pu trouver. Tu es vraiment inquiète pour moi ? Il ne peut pas voir mon visage et je profite de cet avantage pour fermer les yeux un instant. Juste quelques courtes secondes durant lesquelles je ne fais que profiter du son de sa voix. Cette voix que j’ai longtemps pensé ne plus jamais entendre à nouveau, que j’ai aussi souhaité ne plus jamais entendre et pourtant, même si je ne veux pas l’avouer, cela fait un bien fou. Est-ce que ça t’intéresse vraiment ? Alors qu’il semble s’amuser de la situation, je ne peux m’empêcher d’être fermée, de paraître détachée. Une sorte de bouclier de défense qui interdit à son sourire d’à nouveau faire irruption dans mon cœur qu’il a bien trop abîmé, semble s'être installé autour de moi. Ou bien est-ce que c’est juste une façon de dire que toi, tu es immunisée contre les attaques ? On m’a toujours dit que toi et ton groupe, vous vous pensiez invincibles et au-dessus de tout mais je pensais que c’était qu’une rumeur. Je me sens tout d’un coup attaqué et je ne peux m’empêcher de faire volte-face, plantant mon regard dans ses yeux. C’est n’importe quoi... Vous êtes là depuis à peine quelques mois et vous vous permettez de nous juger ? Je réagis rapidement, sans prendre le temps de réfléchir à ce que j’allais dire et sûrement un peu trop violemment, mais c’est instinctif, je ne peux pas le laisser dire des choses comme ça, sans rien faire. Moi, comme les autres de mon groupe comme tu dis, nous sommes loin de nous sentir immunisés. Nous aussi subissons des pertes et nous souffrons de ce qui nous tombe dessus depuis.. Je me tais soudainement, alors que mon rythme cardiaque c'est sensiblement accéléré. J’ai employé le « vous », car au final il est comme les autres survivants du second crash, qui se permettent de nous critiquer pour une raison qui ne me revient pas. J’essaie de me concentrer sur les raisons qui peuvent faire que certains puissent penser cela, mais rien ne me vient. Un tel avis est ridicule et le penser est stupide. Je finis par me détendre légèrement alors que je continue de le regarder, sans céder, me demandant si ma réponse peut réussir à le faire changer d'avis sur notre groupe ou s'il va continuer à penser de la même façon que ses "amis". Tout ça pour dire que je pourrais te dire exactement la même chose, Tarzan. Aux dernières nouvelles, tu as la force d’un bébé chiot alors tant que tu ne m’auras pas prouvé que tu es devenue ceinture noire de kung-fu, c’est plutôt pour toi que je vais m’inquiéter. . Il a raison, je n’ai pas une force suffisante pour réussir à battre quelqu’un qui me voudrait du mal, pourtant, je suis bien plus forte depuis que je suis ici. Je ne suis plus exactement la Dylan que tu as connue tu sais. Maintenant, je sais me défendre toute seule… Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas vrai non plus. Je ne veux pas qu’il me voie comme la fille terrifiée et fragile que j’étais le jour de notre rencontre, car ce n’est plus moi désormais. Du moins je ne veux plus être cette fille, je veux être celle qui se bat pour ceux auxquels elle tient, sans flancher, sans retenue pour ne plus souffrir de la perte d’une personne chère et pour que personne ne ressente ce vide laissé par l’absence de nos défunts. Toutes les choses qui se sont passés sur l’Île m’ont changé, petit à petit, me rendant différente de celle que j’étais lorsque nous sommes arrivés, donc oui, celle qu’il a connue n’est plus tout à fait là. Même si quelques bribes de cette personne sont toujours là, quelque part, caché par celle que je veux être, celle que je me persuade que je suis. Laisse-moi t’aider. Ça ira plus vite à deux. Je le regarde étonné, pourquoi m’aide-t-il alors qu’une grande partie de cette eau sera pour ceux de mon groupe, ceux qu’il considère comme des prétentieux se pensant au-dessus de tout ? J’aimerais lui demander, pourtant je me retiens, me contentant de mon regard étonné et d’un hochement de tête. Je me détourne de lui, pour reprendre une nouvelle bouteille vide et m’affère à la remplir, rapidement. Tu vas bien ? Cela fait bien longtemps que cette question n’est plus venu caresser mes tympans. C’est une simple question et pourtant face à elle je me sens désarmée, sans savoir quoi répondre. Dois-je lui dire la vérité, celle qui voudrait que par la suite je me confie ou dois-je lui mentir, prétendre que tout va bien. Je finis par me demander à moi-même si mon mal-être se voit sur mon physique? Cela fait bien longtemps que j’ai perdu l’habitude de me soucier de mon apparence, sans m’en rendre compte, je passe une main légère dans mes cheveux, les repoussant en arrière. Oui...oui ça va. Mauvaise menteuse, je l’ai toujours été et je pense, que jamais je ne serais douée pour raconter des mensonges. Pourtant, je veux croire que je suis convaincante, mais si je n’arrive même pas à me convaincre moi-même, comment pourrais-je le convaincre lui ? Si je pouvais aisément deviner que de larges cernes avaient élue domicile sur mon visage, il en était de même sur celui de Louis. Et toi ? Tu... tu sembles assez faible, ta été malade ? Je ne tourne pas autour du pot même si ma voix auparavant si sûre a été hésitante. Je ne devrais pas m’inquiéter pour lui, je ne devrais pas prendre la peine de prendre de ses nouvelles, pourtant, c’est plus fort que moi. Et je me fais une raison, nous devons tous cohabiter sur cette Île et il est suffisamment difficile et fatiguant d’y vivre, sans pour autant dépenser de l’énergie à détester quelqu’un. Je dois me faire une raison, il ne m’a pas aimé suffisamment pour rester fidèle et je ne peux que me demander, ce que j’ai fait de mal. Oui, qu’est-ce qui l’a poussé à aller voir cette fille, qu’avait-elle de plus que je n’avais pas ? Ces questions, je me les suis posées des millions de fois mais les réponses de Louis se sont à chaque fois faites cruellement attendre. Repenser à ces questions en sa présence, me fait automatiquement baisser les yeux, regardant un instant le sol, pour ne prêter attention qu’à mes pensées.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Mer 28 Mai - 22:45

Louis Meslyns a écrit:
Il ne savait même pas pourquoi il avait dit cela. Une fois de plus, les mots avaient dépassé sa pensée et même s’il s’efforçait de paraître amusé et naturel, son esprit tournait à plein régime. Il ne voulait pas montrer à Dylan que pendant toutes ces années, il avait été incapable de tourner la page. Qu’il lui avait écrit des milliers de lettres parce qu’il n’avait jamais accepté sa disparition. Lui dire toutes ces choses, c'était lui révéler qu'il tenait encore à elle et il ne voulait pas qu'elle le sache.
Non, elle ne s’inquiétait pas pour lui puisqu’elle le détestait. N’était-ce pas l’attitude la plus normale à adopter en face de l’homme qui vous avait trompé avec une autre femme ?
- J’en sais rien, peut-être... A moins que tu ne préfères qu'on fasse comme si on ne se connaissait pas. Attends, excuse-moi... C'est déjà ce que tu fais, non ? s'enquit-t-il d’un ton moqueur, comme pour la narguer. Il était très doué à ce petit jeu-là et avait toujours le don de l’exaspérer en seulement quelques mots.
A vrai dire, il ne savait pas pourquoi il était aussi sarcastique, surtout si l'on savait à quel point il regrettait de ne jamais avoir été franc avec elle. Mais se réfugier derrière l'ironie et la blague était une seconde nature chez lui et face à Dylan, se sentant en position de faiblesse, il n'avait pas d'autre choix que d'y recourir.

Elle aussi était sur la défensive : lorsque Louis se mit à critiquer ouvertement les siens, elle monta immédiatement sur ses grands chevaux, ce à quoi le jeune homme s'empressa de répondre sur le même ton :
- C’est un juste retour des choses, non ? Vous nous avez jugés sans même nous connaître, vous avez décidé sans réfléchir qu’on était les méchants de l’histoire et vous avez enlevé deux d’entre nous... Aaron faisait partie de mes amis et crois-moi, c’était quelqu’un de bien. Il ne méritait pas de mourir.
Comme Scott, Sarah, Alexie,  Samantha, Kennet, Eden... Tous avaient été victimes de la folie meurtrière qui régnait sur l’île et de ce stupide conflit entre Strangers et Skywests. Toutes ces personnes, Louis les avait connues et appréciées, et il lui était devenu impossible de se rendre au cimetière sur la plage sans avoir une pensée  pour eux. Étrangement, l’une des morts les plus douloureuses à accepter était celle de Morgan. Il ne l’avait jamais porté dans son cœur et lui en voulait pour ce qu’il avait fait à Sarah mais il ne pouvait pas s’empêcher de se dire qu’ils étaient tous responsables de son terrible destin. Ils avaient laissé sombrer Morgan dans une folie irréversible et au lieu d’essayer de changer les choses et d’être davantage solidaires, les survivants s’étaient disputés pendant des heures autour des corps des deux défunts. Quand apprendraient-ils de leurs erreurs ?
Cela n’empêchait pas Louis de blâmer les Strangers pour ce qu’ils leur avaient fait subir. Une partie de lui les haïssait profondément et à chaque fois qu'il regardait Dylan, malgré toute l'affection qu'il éprouvait toujours pour elle, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander si elle avait fait partie du groupe de Strangers qui avait enlevé Poppy et Aaron. Il s’était moqué en affirmant qu’elle était incapable de se défendre seule mais la vérité était qu’il n’en était pas certain. Dylan avait changé, c’était évident. Pourtant, il refusait de croire qu’elle était devenue comme les autres Strangers, capable de tuer et torturer en toute impunité.

Comme si elle lisait dans ses pensées, Dylan ajouta qu’elle n’était plus la même personne qu’auparavant et cette fois-ci, aucun rire moqueur ne s’échappa des lèvres de Louis. Il n’était pas le genre de personne à prendre la vie au sérieux et se servait de l’humour comme bouclier mais le ton de Dylan le glaça jusqu’aux os.
Il voulut lui dire que lui aussi avait changé, qu’il était désolé de s’être comporté de cette façon avec elle et qu’il essayait, tant bien que mal, d’être une meilleure personne depuis le crash mais les mots refusèrent de franchir ses lèvres. Dylan méritait bien mieux que des promesses qu’il ne tiendrait jamais. Ce fut à cet instant précis qu'il comprit qu'il lui serait vain d'essayer de reconquérir la jeune femme. Leur relation n'avait aucun avenir et il aurait dû le savoir à l'instant même où il l'avait revue le soir de l'explosion. Au lieu de se rendre à la raison, il avait espéré, sans oser se l'avouer, que lorsqu'il la retrouverait enfin, tout serait merveilleux et que les rancœurs et les mensonges du passés seraient oubliés. Mais c'était impossible. Lorsqu'il regardait Dylan, il découvrait une jeune femme brisée qui avait certainement assisté à des horreurs qu'il ne comprendrait jamais. Elle avait besoin de quelqu'un qui la soutiendrait et qui serait toujours à ses côtés dans les moments difficiles, pas d'un crétin incapable de s'occuper de lui-même et qui passait son temps à fuir les responsabilités.
Elle avait besoin de quelqu'un de bien et il n'était pas cet homme-là.

Sa décision fut d'autant plus dure à prendre que Dylan n'allait pas bien. Elle avait beau lui affirmer le contraire d'une voix qui se voulait assurée et convaincante, Louis n'était pas idiot. Il le savait parce qu'à chaque fois qu'on lui demandait s'il allait bien, il répondait toujours « oui » sans vraiment y réfléchir. On ne cherchait jamais plus loin, on se contentait de cette réponse artificielle parce qu'en réalité, personne n'était réellement intéressé par la vérité. Dylan faisait-elle partie de ceux-là ? Avait-elle lu dans son regard toute la fatigue et le désarroi qui régnaient actuellement au campement des Skywests ?
- Bien sûr... souffla-t-il tout en continuant de remplir des bouteilles. Tout le monde va toujours très bien sur cette île, hein ? Alors pour ta gouverne, sache que je vais parfaitement bien, ajouta-t-il d'un ton sec avant de se lever et de poser un peu brutalement la bouteille qu'il tenait sur le sol. Il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas rester auprès de Dylan et faire comme si ce qui s'était passé entre eux n'avait jamais existé. Comme s'il n'était pas, d'une certaine façon, responsable de la présence de la jeune femme sur l'île. S'il avait eu le courage, ce jour-là, d'aller la voir à l'aéroport...
- Il faut que je parte, lança-t-il finalement en attrapant son sac avant de le mettre sur ses épaules. Tu... tu devrais en faire autant.
Pourtant, malgré son désir de fuir, ses pieds ne voulaient pas décoller du sol. Au plus profond de lui, il en connaissait la raison mais il refusait catégoriquement de se l'avouer. Non, il n'était plus amoureux de Dylan. Non, il n'était pas affreusement jaloux à l'idée qu'elle était peut-être retombée amoureuse d'un autre homme. Non, il n'aurait pas remué ciel et terre pour lui venir en aide si elle se trouvait en danger. Non, il ne voulait pas la raccompagner à son campement juste pour être certain qu'il ne lui arriverait rien en chemin dans la jungle...
Autant de mensonges et de non-dits qu'il ne parviendrait jamais à accepter. Et s'il était à cet instant incapable de partir, il laissait au moins à Dylan la chance de s'enfuir loin, très loin de lui.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Sam 14 Juin - 21:09

Alors que sur son visage un air amusé s’installe, cela a pour effet de me rembrunir davantage, ne comprenant pas en quoi la situation actuelle à quelque chose d’amusant. J’en sais rien, peut-être... A moins que tu ne préfères qu'on fasse comme si on ne se connaissait pas. Attends, excuse-moi... C'est déjà ce que tu fais, non ? Mon esprit cesse un instant de fonctionner, abasourdi par ses derniers mots. Je ne sais pas comment je dois réagir face à une telle phrase, seul un sourire cynique s’installe sur mes lèvres alors que j’avale difficilement de la salive. Si mon visage montre de l’amusement suite à cette remarque, à l’intérieur, je ne ressens absolument pas cet amusement, au contraire c’est un profond sentiment d’agacement qui commence peu à peu à me gagner, me forçant à secouer légèrement la tête de droite à gauche. Je ne peux m’empêcher de me demander si sa phrase est sérieuse ou si tout simplement, il se moque de moi. Oh excuse-moi de cette attitude, j’ai perdu toutes mes bonnes manières. Tu aimerais qu’on se fasse un gros câlin et qu’on rattrape le temps perdu, qu’on parle des merveilleux moments que nous avons vécus depuis la dernière fois qu’on s’est vus ? Tu sais la fois, où tu apprenais la physique avec la première greluche que tu as croisée… D’un coup net, tout amusement quitte mon visage, pour ne laisser qu’un regard froid, qui ne quitte pas le sien un seul instant et une expression neutre. Je sens mon sens bouillir à l’intérieur de mon corps à l’évocation du passé, de ses souvenirs que j’ai longtemps souhaité effacer, en vain. Ils restent ancrés dans ma mémoire, ne s’estompant pas un seul instant avec le temps comme le dit si souvent. Non ils sont toujours nets et précis, me donnant l’impression que la scène s’est produite la veille, alors que c’était il y a des années. J’aurais voulu prétendre avoir oublié, mais je ne peux pas, lui signifier que sa tromperie ne s’est pas effacé de mon esprit, me fait prendre conscience que le temps a beau avoir passé, peut-être ne lui ai-je pas pardonné son geste. Durant des années, seules mon amertume et mon incompréhension me tenaient compagnie lorsque le visage de Louis avait l’audace de se dessiner dans ma mémoire. D’un geste brusque, j’attrape une énième bouteille vide, l’une des dernières et la plonge dans l’eau, expirant profondément au contact du liquide frais. Avec tout ce qui se passe ici, je n’ai que rarement eut l’occasion de repenser à ses événements, mais avoir Louis en face de moi, fait tout remonter, me faisant penser qu’il est peut-être temps d’exprimer ce que j’ai longtemps gardé pour moi. Une partie de moi pense que les réponses ne sont pas nécessaires, que cela ne pourrait rien m’apporter, alors qu’une autre, celle qui a toujours voulu croire à quelque chose d’irréel semble me pousser à questionner Louis.
La tension dans l’air est pesante et ne semble pas prête de redescendre malgré les secondes qui s’écoulent. Chaque conversation, qui d’ailleurs devient plus sérieuse, semble au contraire, alourdir l’air, le rendant difficile à respirer. Lorsqu’il se met à émettre des critiques sur les strangers, je ne peux rester de marbre et comme une enfant, je me jette dans la gueule du loup, ne réfléchissant pas un seul instant aux mots sortant de ma bouche. C’est un juste retour des choses, non . Vous nous avez jugés sans même nous connaître, vous avez décidé sans réfléchir qu’on était les méchants de l’histoire et vous avez enlevé deux d’entre nous... Aaron faisait partie de mes amis et crois-moi, c’était quelqu’un de bien. Il ne méritait pas de mourir. Durant de longues secondes, qui semblent durer une éternité, je le regarde étonné par ce qu’il vient de dire et incapable de renchérir. Si j’aimerais rétorquer, je me rends compte que ces propos sont malheureusement fondés. Je me mets à me rappeler cette période précise, où deux Skywest étaient prisonniers sur notre campement, la pression était énorme et palpable, chacun semblait prêt à exploser d’une minute à l’autre. Je me souviens d’avoir aidé Poppy, que je rencontrais réellement pour la première fois, elle m’avait à l’époque profondément touchée et je n’étais pas d’accord pour la garder dans son état. C’est cette journée-là que nous avions appris la mort d’Aaron, ce qui nous avait tous perturbés sans qu’on ne le dise à voix haute. Ces souvenirs sont pénibles, voire désagréables surtout lorsqu’ils me disent qu’au final, les paroles de Louis sont vraies, ce que j’aimerais ne pas admettre et pourtant, il faut être réaliste. Nos débuts avec les Skywest ont été houleux car nous n’avons pas cherché à en savoir davantage, ils étaient pour nous, ceux qui nous avaient fait souffrir alors nous avions foncé tête baissée. Ce qui s’est passé depuis, n’est que la conclusion et la réponse à ce que l’homme peut faire par esprit de vengeance : tout. Oui, lorsque la vengeance nous aveugle, il n’y a rien qui semble pouvoir nous arrêter. Tu as sans doute raison. Toujours sans le regarder, je hausse légèrement les épaules. Ma voix ne semble être qu’un murmure alors que je cherche mes mots, mais ceux-ci ne me viennent pas, ils me laissent pour la première fois aujourd’hui, muette. Reparler d’Aaron me fait penser au nombre de personnes ayant perdus la vie depuis que nous sommes ici et la réponse est … beaucoup trop. Le quotidien sur cette île est si fatigant, si dangereux, que notre vie semble être destinée à s’achever de manière violente, sans qu’on ne le voie venir. Parfois, je me demande si mon nom finira par venir s’inscrire sur la longue liste des personnes décédées . Je finis par secouer la tête dérangée par ses pensées macabres et reprends peu à peu mon assurance. Aaron était sûrement quelqu’un de bien, comme Charlie qui a été injustement tué, comme tant d'autres depuis… Mais n’est-on pas censé apprendre de nos erreurs ? La nouvelle de la mort de cette dernière me revient à l’esprit, nous étions tous à l’époque abasourdie par cette perte cruelle. Je me rappelle qu'à cette période, l'action faite par certains, d'enlever deux personnes, avait été vivement critiqué au sein de notre groupe, certains trouvant cette façon d'agir barbare. Mais à quoi bon tenter de le convaincre que certains n'étaient pas d'accord, que certains avaient essayé d'aider. Cela serait du temps perdu puisque l'opinion de Louis sur nous, semble déjà bien arrêtée. Tu nous reproches de vous avoir jugé trop vite, sans connaître et pourtant, tu fais la même chose, comme quoi, nous ne sommes pas si différents... à l'exception que nous sommes bien conscients de nos erreurs... Pour la première fois aujourd'hui, aucune once de reproche ne se fait entendre dans ma voix. Au contraire, c'est une petite note de surprise que l'on peut déceler, la surprise de constater que Louis a bien plus en commun qu'il ne le pense avec ceux qu'il semble tant détester.
Lorsque je lui annonce que je ne suis plus exactement la Dylan qu’il a connue, je peux voir son expression changer du tout au tout. Je ne peux m’empêcher de me questionner sur le fil de ses pensées que j’aimerais être capable de déchiffrer, de connaître, mais ce n’est pas le cas. C’est peut-être pour cela, que lorsqu’il me demande si je vais bien, je vais me cacher derrière des mensonges. Après tout comme il me l’a demandé quelques instants plus tôt, est-il vraiment inquiet pour moi ? Je pourrais lui poser la question mais je me rétracte pour finir par prendre des nouvelles de sa santé à lui. Bien sûr... Tout le monde va toujours très bien sur cette île, hein . Alors pour ta gouverne, sache que je vais parfaitement bien son ton est sec et c’est brusquement que je le vois s’éloigner de moi alors que je le regarde faire, étonné de sa réaction. Tout le monde va toujours très bien sur cette île ? Cette fois, je suis celle qui se réfugie derrière ce qui ressemble à de l'humour, tant la réponse ne colle pas à la réalité. Tu as dû être sacrément malade pour penser une telle chose. Bien sûr, je sais que ce n’est pas réellement ce qu’il pense, mais je n’ai aucune autre idée de la façon dont je suis supposée réagir face à ses paroles et à sa façon d’être. Il faut que je parte … Tu... tu devrais en faire autant. Ses mots ne sont rien et pourtant, j’ai l’impression de recevoir une gifle en plein visage, sans que je m’y attende réellement. Si autrefois je l’aurais laissé partir sans broncher, aujourd’hui, je ne peux pas rester là sans réagir alors qu’il me quitte encore, mais d’une façon différente. Alors je l’imite, me relevant brusquement et fais quelques pas dans sa direction. Donc tu vas fuir, encore ? Je suis droite comme un piquet et ne bouge pas d’un millimètre alors que j’attends patiemment une réponse de sa part. Il a fui, il y a des années de cela, en me trompant avec une autre. À cette époque, il a choisi la facilité mais je ne le laisserais pas recommencer.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Sam 26 Juil - 16:35

Louis Meslyns a écrit:
S’il avait un jour cru naïvement que leurs retrouvailles seraient idylliques, Louis savait à présent qu’il n’en serait jamais rien. Pendant des années, il avait écrit fiévreusement des dizaines de lettres en espérant qu’elles suffiraient à le blanchir de toutes ses fautes. Quel imbécile il avait été ! Un mur s’était dressé entre eux, un mur que le temps, la colère et les regrets avaient rendu infranchissable.
L’amertume dans la voix de Dylan était si douloureuse à entendre que Louis sentit toute trace de couleur quitter son visage. La vérité, c’était qu’après la disparition de Dylan dans le crash d’avion, il s’était senti soulagé. Il n’aurait jamais à affronter le visage meurtri et blessé de la jeune femme, il ne la verrait jamais souffrir à cause de lui. Dans un sens, c’était une délivrance, même s’il aurait tout donné, y compris sa propre vie, pour que Dylan ne monte jamais dans cet avion et soit saine et sauve.
Il lui répondit à peine lorsqu’elle lui rappela en pleine figure ses erreurs du passé. Il avait beau être sûr de lui et manier l’art de la parole à la perfection, il y avait certains moments où on se sentait tellement honteux que n’importe quel mot était superflu.
- Mina n’était pas une greluche, répliqua-t-il d’une voix un peu trop rapide. Voilà tout ce qu’il avait trouvé à répondre : défendre son ex-petite amie devant Dylan. Bravo, bien joué Louis, on dirait que tu as finalement appris à parler aux filles !  Il ne te reste plus qu’à lui dire que Mina était un super coup et là, tu auras remporté la palme du plus gros crétin de l’île.

Mais derrière leur histoire douloureuse se cachait un conflit qui les dépassait tous les deux. Et malgré tout l’amour qu’il portait à Dylan, il ne parvenait pas à oublier ce que les Strangers leur avaient infligé depuis le crash de l’avion. Selon lui, les Strangers étaient responsables parce qu’ils avaient commencé les premiers. Qui sait, l’histoire aurait peut-être été différente si l’enlèvement de Poppy et d’Aaron n’avait jamais eu lieu ? Louis espérait que les responsables de cette mascarade payeraient pour ce qu’ils avaient fait et, si cela n’arrivait pas, qu’ils se sentiraient coupables pour le reste de leur vie. Une partie de lui voulait croire que la justice était possible sur l’île mais il connaissait la nature de l’homme et savait que ce n’était qu’un doux songe. Même Dylan le pensait, elle qui parlait de la mort injuste de Charlie.
- Parce que nous, on n’a pas conscience de nos erreurs, c’est ça ? Tu te fiches de moi, Dylan ! On vient tout juste d’enterrer Morgan, je te rappelle ! A ton avis, pourquoi est-ce qu’il s’est tiré une balle, hein ? Il était parfaitement conscient de ses erreurs et il ne pouvait plus les supporter. Est-ce que c’est ça, ton idée de la justice ? De toute façon... laisse tomber. On ne pourra jamais s’entendre. Ce qui s’est passé est trop grave pour que l’on efface tout d’un simple coup d’éponge.
Et cette fois, il ne savait plus s’il parlait du conflit entre les survivants... ou de leur propre relation.


Il était prêt à partir, maintenant. Il n’avait pas besoin de regarder Dylan pour savoir qu’il la décevait, une fois encore. Il s’attendait à ce qu’elle lui ordonne de partir ou qu’elle tourne elle-même les talons mais il n’en fut rien : au lieu de cela, elle se leva et le toisa de toute sa hauteur, avant de lui demander d’une voix forte :
- Donc tu vas fuir, encore ?
Tant de reproches voilés dans cette simple phrase... mais des reproches entièrement mérités. A cet instant, Louis se détestait tellement qu’il serait prêt à tout pour disparaître de la surface de la terre.
- Mais qu’est-ce que tu attendais de moi, exactement ?
D’accord, répondre à une question par une autre n’était pas une réponse mais à cet instant, Louis se fichait des conventions. La colère le transformait, teintant toutes ses paroles d’une amertume qu’il ne pouvait plus contenir. En réalité, il n’était pas furieux envers Dylan, seulement envers lui-même mais il ne pouvait s’empêcher de la blâmer, elle. C’était toujours plus facile que de s’accuser soi-même, non ?
- T’es qu’une gamine effrayée qui a besoin qu’on lui tienne la main quand la lumière est éteinte, Dylan. T’étais pas amoureuse de moi, t’étais seulement contente de m’avoir pour te rassurer quand t’avais trop peur. Tu voulais quoi, que je t’épouse ? Que je te jure une fidélité éternelle ? Toi, tu as changé, je ne sais plus qui tu es, hein... Et bien je vais te dire une chose : tu n’as jamais su qui j’étais réellement. Alors épargne-moi ta petite tête de chien battu et à partir de maintenant, fiche-moi la paix, compris ?

Il n’avait jamais voulu dire tout cela. Il ne pensait pas une seule seconde toutes les bêtises qu’il venait de débiter et pourtant, elles flottaient à présent entre eux, détruisant le semblant d’affection qu’ils étaient parvenu à conserver.

Sans attendre la réponse de Dylan, Louis fit volte-face et se mit à courir le plus vite possible, comme poursuivi par l’immense poids de ses regrets.
Tu ne seras jamais assez bien pour elle...
Et s’il avait un jour pu en douter, il savait à présent à quel point c’était vrai.

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MessageSujet: Re: Never will be good enough for her {louis}   Sam 2 Aoû - 16:36

Mes yeux s’égarent sur la silhouette de Louis, la regardant de haut en bas, le détaillant pour vérifier que les souvenirs que j’ai de lui sont toujours exacts. Je me rends rapidement compte que si certains détails sont différents, la globalité de ce qu’il est extérieurement est encore bien semblable au Louis que j’ai quitté il y a des années déjà. Mais intérieurement est-ce le cas ? Pour être honnête je n’arrive pas à le savoir, l’échange que nous avons ne me permet pas de le savoir. Mina n’était pas une greluche. Sa voix me sort de mes pensées alors qu’un sourire se dessine sur mes lèvres, un sourire loin de tout amusement comme pourrait le croire une personne extérieure mais qui au contraire, exprime le profond agacement que je peux ressentir face à cette réponse. Il n’a pas sourcillé, n’a pas pris le temps de réfléchir un instant, cette phrase lui est venue instinctivement, comme pour protéger cette Mina de ce que je peux penser d’elle ou encore, dire d’elle. Et comme cela m’est arrivé bien souvent, je me demande ce qui s’est passé entre eux, après que je sois partie, que j’ai disparu de la circulation. Ont-ils vécu quelque chose de fort et passionné qui a fini par s’éteindre au bout d’un certain temps ? Ont-ils vécu une longue histoire qui ne s’est terminé qu’au crash de l’avion ? C’est une question que je me suis posée bien trop de fois et que j’aurais enfin pu lui poser pour connaître la véritable réponse et pourtant l’affirmation de Louis concernant cette fille me donne l’impression d’au finale, connaître la réponse. Je me contente donc de secouer légèrement la tête, mettant ainsi fin à la discussion qui aurait pu encore continuer des heures et des heures. Et alors que je pensais que le sujet houleux était évité, je me rends rapidement compte que je suis à côté de la plaque puisque même si notre histoire passée est difficile, le sujet le plus épineux est plus actuel, ne nous concerne pas forcément que tous les deux ce qui le rend sûrement plus important. Parce que nous, on n’a pas conscience de nos erreurs, c’est ça? Tu te fiches de moi, Dylan ! On vient tout juste d’enterrer Morgan, je te rappelle ! À ton avis, pourquoi est-ce qu’il s’est tiré une balle, hein ? Il était parfaitement conscient de ses erreurs et il ne pouvait plus les supporter. Est-ce que c’est ça, ton idée de la justice ? De toute façon... laisse tomber. On ne pourra jamais s’entendre. Ce qui s’est passé est trop grave pour que l’on efface tout d’un simple coup d’éponge. Je ne détourne pas le regard un seul instant, tandis que la réponse sort instantanément de ma bouche, les mots étant déjà tous bien présent dans mon esprit. Que ce soit son avis sur mon groupe ou le mien sur le sien, nos avis n'arrivent pas à s'accorder, creusant encore un peu plus le fossé qui semble se mettre entre nous. Tu as raison, vaut mieux s’arrêter là, puisque de toute évidence nos avis divergent et ne se rejoindront jamais sur ce point. Tu défends les tiens, bien c’est normal, mais sache que je vis avec les personnes de mon groupe depuis bien longtemps maintenant et que je ferais toujours pareil, je les défendrais contre les attaques que l’on peut porter contre eux, contre chacun d’entre eux. A la fin de cette phrase, je ne peux empêcher certains visages de se dessiner dans mon esprit, à commencer par celui de Julian et Trystan, les personnes qui me sont le plus proche sur l’île, ceux pour qui je me battrais toujours, que je défendrais quoi qu’il arrive. Le visage des autres personnes que je côtoie chaque jour se dessine également dans mon esprit, moins clairement certes mais ils sont là tout de même puisqu’ils font tous partis de mon quotidien désormais. Mon regard n’a pas quitté celui de Louis alors que je me demande s’il y a encore quelque chose pouvant nous relier l’un à l’autre . Peut-être qu’au final l’île nous a trop séparés, nous a rendus bien trop différent l’un de l’autre... Une autre réponse me vient à l’esprit, une que je ne veux pas prendre un compte, que je refuse catégoriquement malgré l’hostilité dont je peux faire preuve envers mon ancien amour. Cette autre réponse que je ne veux pas croire, est que peut-être avons-nous toujours été différents, incompatible l’un envers l’autre et que la séparation définitive était inévitable. C’est quelque chose qui peut être possible et pourtant, je refuse simplement d’y croire. Je me souviens de ce quelque chose de spécial qui nous a liés dès les premiers instants de notre rencontre pour le moins spéciale, je me souviens de chaque moment passé à ses côtés, les bons comme les mauvais, alors non, nous n’avons pas toujours été si opposé l’un à l’autre. C’est ce que je veux croire, de toutes mes forces pour une raison que je ne comprends pas réellement. C’est peut-être pour cela que lorsqu’il est sur le point de partir, une phrase m’échappe, pour tenter de poursuivre une conversation qui au final ne mène nulle part. Mais qu’est-ce que tu attendais de moi, exactement ? Lorsque ses mots atteignent mes oreilles, je suis prise au dépourvu et je ne sais pas quoi lui répondre. Peut-être qu’au final, je ne sais pas réellement ce que je veux de lui, qu’il s’excuse, qu’il m’explique peut-être… sûrement à vrai dire et pourtant je suis incapable de lui répondre de vive voix sur mes attentes qui me rongent depuis les premiers jours où mon avion s’est crashé sur cette île maudite.   T’es qu’une gamine effrayée qui a besoin qu’on lui tienne la main quand la lumière est éteinte, Dylan. T’étais pas amoureuse de moi, t’étais seulement contente de m’avoir pour te rassurer quand t’avais trop peur. Tu voulais quoi, que je t’épouse ? Que je te jure unefidélité éternelle ? Toi, tu as changé, je ne sais plus qui tu es, hein... Et bien je vais te dire une chose : tu n’as jamais su qui j’étais réellement. Alors épargne-moi ta petite tête de chien battu et à partir de maintenant, fiche-moi la paix, compris ? J’entends ses mots, ils raisonnent dans chaque parcelle de mon corps de la même façon qu’un écho se répercute contre les parois d’une grotte bien trop vide. Je sens mon visage se vider de toutes ses couleurs tandis que mon cœur se sert douloureusement face aux mots violents venant de s’abattre sur ma personne. Je me rends rapidement compte que mon sang bouillonne littéralement sous ma peau, si bien que je n’ose pas bouger durant de longues secondes. Mais le voir tourner les talons, prêt à partir me fait immédiatement réagir, me forçant à agir immédiatement, sans forcément réfléchir à ce qui va se passer. Je remplis mon sac à dos des bouteilles pleines venant d’être rempli, je le fais passer sur mon épaule si rapidement que je me demande comment j’ai réussi à ne pas tanguer à cause du poids. Et pour la première fois, je suis celle qui lui court après, je lui attrape le bras, peut-être trop violemment, pour le forcer à faire volte-face et à me regarder. C’est lorsque mes yeux croisent les siens, que ma colère éclate dans un geste qui n’est pas prémédité, une gifle s’abat sur sa joue sans que je ne sursaute. Ce geste bien que théâtral, me semble nécessaire pour lui faire comprendre à quel point ses mots ont été blessants. Je t’interdis de me parler de cette façon et de me mettre sur le dos tes propres erreurs et tes sentiments. Comme tu l’as si bien dit, j’ai changé et la gamine effrayée n’est plus depuis bien longtemps. Mais en tout cas, ne t’inquiète plus de moi, je vais te laisser tranquille et si on finit par se croiser on fera comme si on ne se connaît pas et on n’aura pas besoin de faire semblant apparemment. Cette fois je suis celle qui le laisse en plan, qui part sans attendre son reste, pourtant pour une dernière fois, je me stoppe et fait demi-tour, sans pour autant revenir sur mes pas. Et je n’ai jamais attendu tout ça de toi, ce que j’attendais, c’était de la sincérité mais apparemment c’était encore trop demander... Sur ce, je l’abandonne sur place m’aventurant rapidement dans la jungle afin de rejoindre le campement voulant à tout prix oublier l’échange venant d’avoir lieu avec Louis.

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